RENCONTRE INFORMELLE

DU COMITÉ DE PASTORALE EN MILIEU PSYCHIATRIQUE


En février 1992, Claude Fortin, au nom du Comité de pastorale en milieu psychiatrique invitait les animateurs et animatrices de pastorale travaillant sur les unités de psychiatrie dans les hôpitaux ou dans un hôpital psychiatrique à une

rencontre de partage et d'échange

Cette rencontre a eu lieu au Centre hospitalier Douglas, à Montréal, le mardi 31 mars 1992, de 10h.00 à midi. Pendant la rencontre, les sujets suivants furent abordés:

  1. Notre insertion dans le plan de soins.
  2. Les équipes multidisciplinaires.
  3. Les normes du Conseil canadien d'agrément.
  4. L'inscription des notes au dossier.
  5. L'informatique.
  6. L'onction des malades.
  7. Les outils de travail.
  8. La présence auprès des patients.


Dans le cadre d'une rencontre informelle, il ne fut pas question éivdemment de traiter longuement chacun de ces sujets. La liste montre, toutefois, les préoccupations des neuf participants travaillant en pastorale en milieu psychiatrique à Montréal, à Joliette, à l'Assomption et à Baie-Comeau. Sept autres personnes (Amos, Beauport, Hull, Maniwaki et Montréal) s'étaient annoncés mais avaient dû se désister.

L'insertion dans le plan de soins

Comment faire pour s'intégrer dans l'équipe de soins. Dans un endroit, cela a pris deux ans à l'animateur de pastorale avant de pouvoir entrer dans le département de psychiatrie. Parfois, on peut être bien accueilli par le chef de psychiatrie ou le psychiatre responsable des activités internes, mais ne pas être accepté parl'équipe soignante.
Quand on peut librement visiter les patients, on peut quand même avoir de la difficulté à les voir individuellement, faute de bureau. On constate facilement de la méfiance, comme si la pastorale favorise le délire mystique. D'ailleurs, on confond facilement religieux et délire mystique.

Les équipes multidisciplinaires

Il est certain que nous ne pouvons pas assister à toutes les réunions. Cela prendrait au moins la moitié de notre temps. Pourtant, il est important d'échanger des informations en ce qui concerne les patients. Par exemple, quoi faire quand quelqu'un veut se suicider. Est-ce un appel au secours? Faut-il traiter cela comme un secret confessionnel? Faut-il prévenir le patient qu'on va en parler, qu'on ne peut pas garder cela secret?
Sans doute qu'il nous revient souvent de prendre l'initiative et de demander pour faire partie de l'équipe, au moins ponctuellement. Le Conseil canadien d'agrément des établissements de santé y insiste d'ailleurs.

Le Conseil canadien d'agrément

Le Conseil d'agrément prévoit des normes précises en ce qui concerne la pastorale. Les remplir constitue un travail d'envergure. Les normes insistent en particulier sur l'intégration dans les équipes de soins et sur l'accès aux dossiers.
À Baie-Comeau, on a été agréé pour uen année et on espère obtenir l'agrément pour trois ans. Les visiteurs ont souligné la difficulté que la pastorale éprouve avec le département de psychiatrie. À Douglas, on est agréé tous les trois ans. La pastorale est bien intégrée, quoiqe la crédibilité de la pastorale ne va pas de soi. Il semble, toutefois, que la situation est plus difficile en milieu francophone qu'en milieu anglophone.

L'inscription des notes au dossier

A Louis-H., on peut maintenant inscrire l'onction des malades sur une feuille des intervenants. À Baie-Comeau, le directeur des Services professionnels s'y objecte radicalement. À Joliette, on écrit des notes au dossier: circonstances de la rencontre; ce que le patient dit; ses attitudes; diagnostic pastoral; aide apportée; suivi prévu. En somme, ce qui importe au personnel de savoir, suite à une rencontre signifiante. L'écrit comporte dix lignes au maximum et respecte la confidentialité.
Même, si dans le contexte actuel, notre Association met un peu la pédale douce quant à l'accès aux dossiers - car le Ministère de la santé et des services sociaux a été saisi de la question et est en train de réviser ce dossier, impliquant également d'autres professions - cette question mérite bien sûr notre attention. L'échange avec les autres professionnels a de l'importance, de même que notre place dans les équipes multidisciplinaires.

L'informatique

L'appartenance religieuse des bénéficaires, le diagnostic médical des patients et le mouvement des patients sont des données qui peuvent avoir de l'importance pour notre travail pastoral. Avec les progrès de l'informatique, il est à prévoir que ces données nous seront accessibles un jour.

Cueillette des données

Claude Fortin nous présente un modèle, comprenant trois questions, et qui, au niveau des unités, donne un bon portrait des besoins religieux d'un patient. Les trois questions sont tirées d'une conférence donnée par Elisabeth McSherry et forment le Kasl's Religiosity Index. Claude les a traduits de la façon suivante:

    1. Durant l'année, combien de fois avez-vous suivi les services religieux habituels: jamais? seulement aux grandes fêtes? plus que quatre fois dans l'année? chaque semaine?; plus d'une fois par semaine?
    2. Sans tenir compte de la question précédente, est-ce que vous vous considérez vous-même comme une personne profondément religieuse? assez religieuse? très peu religieuse? pas du tout religieuse? anti-religieuse?
    3. Jusqu'à quel point la religion (et Dieu ou Dieu) est-elle (ou est-Il) une source de force et de réconfort pour vous: pas du tout? un peu? assez? beaucoup?
L'onction des malades

On la demande encore dans l'optique de l'Extrême Onction. Le Père Fortin nous communique un document qu'il a élaboré pour son service et qui mentionne quand il est indiqué de demander à un aumônier de venir donner l'onction.

Les outils de travail

Notes de fichiers, rapports quotidiens, rapports mensuels des visites,les indices de religiosité de Kasl et d'autres documents utilisés par les différentes services de pastorale constituent autant d'outils de travail qui peuvent rendre notre pastorale plus performante.
Ces instruments ont d'ailleurs leur utilité pour répondre aux normes d'Agrément. Dans cette optique, il importe également de conserver un écrit des démarches entreprises pour que la pastorale soit davantage intégrée. Si ces démarches sont restées infructueuses, le Conseil d'Agrément fera des recommandations à ce sujet.

Présence auprès des patients

La présence auprès des patients peut revêtir différentes formes. Ne pas confondre une visite d'amitié avec une visite pastorale. La présence auprès de personnes déprimées est importante et peut être fréquente, mais il ne faut pas qu'elle soit longue. La visite au cours de la première semaine de séjour du patient à l'hôpital a son importance aussi.
On mentionne l'existence d'un groupe biblique dans un hôpital et aussi des rencontres animées par la musique (orgue, guitare, cassettes de musique religieuse).

La rencontre s'est terminée avec le dîner à la cafétéria de l'hôpital Douglas.

 


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